Dans le quartier de Salamanca, il se passe toujours quelque chose. C’est l’un de ces endroits qui ne semblent jamais s’arrêter : un établissement qui change de mains, une enseigne qui fait son arrivée à Madrid, une nouvelle adresse dont tout le monde parle. Mais cet automne, le rythme s’est particulièrement accéléré et, en quelques semaines à peine, ses rues ont accueilli une série de nouvelles ouvertures, entre restaurants et boutiques, qui méritent que l’on prenne le temps de les découvrir.
La cuisine du monde s’est installée dans le quartier pour permettre de voyager sans même le quitter : de l’Indonésie aux grillades d’inspiration argentine, en passant par des recettes basques aux accents mexicains. Dans le même temps, la tradition madrilène revendique plus que jamais sa place, avec des tavernes authentiques où l’on déguste des fruits de mer au comptoir et le retour de l’un des grands noms historiques de la gastronomie madrilène. Quant aux vitrines, les grandes maisons de la joaillerie, de l’horlogerie et de la mode continuent de choisir ces rues pour y ouvrir leurs nouvelles boutiques.
Les nouveaux restaurants du quartier de Salamanca
Bresa, le projet le plus personnel des frères Aparicio
Paco et Javier Aparicio, créateurs de Salino, La Raquetista et Cachivache, ont ouvert Bresa le 12 octobre, rue Villanueva. Il s’agit de leur projet le plus ambitieux : un restaurant gastronomique consacré à la cuisine espagnole, avec une touche maritime, qui repose sur un réseau de fournisseurs avec lesquels ils ont travaillé pendant plusieurs mois avant l’ouverture. La carte, composée d’une vingtaine de plats, évolue au fil des saisons. Parmi les premières spécialités figurent la parpatana de thon rouge fumée, les petites crevettes de Motril accompagnées d’ajoblanco, ou encore la queue de merlu de Burela farcie au chou. Le restaurant propose exclusivement un service à table, sans comptoir ni tables hautes, pour un ticket moyen d’environ 90 euros par personne.
Bresa. Calle Villanueva, 21.
Lhardy Café, un grand classique madrilène rue Velázquez
Lhardy, l’une des institutions les plus prestigieuses de la gastronomie madrilène, a ouvert sa deuxième adresse au rez-de-chaussée de l’hôtel Wellington, en partenariat avec Pescaderías Coruñesas. Lhardy Café accueille ses clients du petit-déjeuner au dîner, sur deux niveaux et avec une terrasse. La carte associe les grands classiques de la maison, comme le consommé servi dans un samovar, la sole Evaristo ou le soufflé, à des propositions plus légères, adaptées à tous les moments de la journée. La cave compte environ soixante-dix références de champagne.
Lhardy Café. Calle Velázquez, 8.
El Alfiler del Callejón, la taverne de quartier de Muñoz-Calero
Après avoir dirigé El Ovillo pendant plusieurs années, le chef Javier Muñoz-Calero a ouvert en septembre cet hommage aux tavernes madrilènes d’antan. Comptoir en métal, cuisine en continu et carte sans formalités : fruits de mer du jour, poissons salés et marinés selon des recettes maison, ainsi que les grands classiques de la ville, des tripes et de l’oreille de porc à la salade russe, aux croquettes et au sandwich aux calamars. Pour l’apéritif, comme le veut la tradition, on retrouve des bigorneaux servis avec des épingles. Le ticket moyen varie entre 20 et 60 euros par personne.
El Alfiler del Callejón. Calle Puigcerdá, 16.
Tigre, la cuisson au feu de bois face à la Puerta de Alcalá
Le groupe mexicain Grupo Costeño, qui a déjà conquis Madrid avec Hotaru et Ichikani, s’installe au numéro 1 de la rue Serrano avec Tigre, sa marque la plus internationale. Au cœur du restaurant se trouve un grill au bois de chêne qui ne s’éteint jamais, où sont préparées des viandes premium telles que la côte de bœuf Simmental maturée, le bife de chorizo ou la picanha. Une cuisine ouverte d’inspiration italienne et un bar à cocktails proposant des créations classiques et mexicaines complètent l’expérience. Le ticket moyen se situe entre 50 et 70 euros par personne.
Tigre. Calle Serrano, 1.
5 Gallos, des racines basques aux accents mexicains
Cinq amis rencontrés à l’université, aux origines basques et mexicaines, sont à l’origine de cette ouverture de septembre, rue Diego de León. Leur carte, courte et de saison, s’inspire de la cuisine qui a marqué leur enfance : une gilda au poivron piquillo confit, un taco à la plume de porc ibérique 100 %, le taco Baja au poisson pané ou encore une txuleta de vieille vache. Les cocktails maison, avec le mezcal en vedette, font partie intégrante de l’expérience.
5 Gallos. Calle Diego de León, 24.
Muara, la cuisine indonésienne s’invite rue Maldonado
Depuis votre voyage à Bali, il ne se passe pas un jour sans que vous pensiez à y retourner. Vous le savez bien. Ce n’est certes pas tout à fait la même chose que d’y être, mais peut-être n’est-il pas nécessaire d’aller si loin. Dans la partie la plus résidentielle du quartier, Muara fait découvrir à Madrid une cuisine indonésienne particulièrement authentique, sous la direction de la cheffe Desak, récemment arrivée de l’île. Une adresse pour retrouver ces saveurs familières ou les découvrir pour la première fois, sans quitter Madrid.
Muara. Calle Maldonado, 64.
Les nouvelles boutiques du quartier de Salamanca
Richard Mille, haute horlogerie et art de recevoir rue Ortega y Gasset
La maison horlogère suisse a ouvert le 28 septembre sa première boutique en propre en Espagne, en plein cœur du Mille d’Or madrilène. L’espace s’étend sur plus de 400 mètres carrés répartis sur deux niveaux, reliés par un ascenseur circulaire en verre. L’étage supérieur est consacré à la vente, tandis que le niveau inférieur accueille les clients dans un espace composé de salons, d’une salle à manger, d’un bar et d’un salon privé. Une conception de la boutique qui s’apparente davantage à une résidence privée qu’à un commerce traditionnel.
Richard Mille. Calle José Ortega y Gasset, 10.
Van Cleef & Arpels, la première boutique de la maison à Madrid
À quelques mètres de là, la maison française de haute joaillerie a inauguré en avril sa première boutique madrilène. Elle occupe plus de 450 mètres carrés sur deux niveaux et rassemble certains des espaces les plus raffinés de la rue : un escalier en plâtre et nacre, un Salon Poétique habillé de miroirs et un Jardin d’Hiver vitré doté d’un espace bar.
Van Cleef & Arpels. Calle José Ortega y Gasset, 8.
Birkenstock, un clin d’œil aux corralas madrilènes rue Claudio Coello
Fin juillet, Birkenstock a ouvert rue Claudio Coello sa deuxième boutique en propre à Madrid, et la troisième en Espagne. L’un des aspects les plus intéressants du projet réside dans la manière dont la marque s’est inspirée de la ville. L’espace évoque les corralas du XVIIe siècle, ces immeubles traditionnels organisés autour d’une cour intérieure, avec des jardinières rappelant leurs balcons, des tables et des étagères réinterprétant les anciens ateliers d’espadrilles, ainsi que des objets faisant écho au marché aux puces d’El Rastro. Le liège, le jute, le cuir, la pierre calcaire patinée et le travertin couleur noyer composent un intérieur chaleureux, résolument méditerranéen. Outre ses collections habituelles, la boutique présente la ligne premium Birkenstock 1774, notamment sa collaboration avec Repetto, ainsi que la gamme de soins corporels Care Essentials.
Birkenstock. Calle Claudio Coello, 44.
P.A.R.O.S.H., la mode italienne rue Claudio Coello
La marque italienne de prêt-à-porter féminin a transféré sa boutique madrilène rue Claudio Coello en octobre. Cet espace d’environ 70 mètres carrés, blanc et minimaliste, a été conçu pour laisser toute la place aux collections, reconnaissables à leurs broderies, leurs sequins et leurs ornements précieux.
P.A.R.O.S.H. Calle Claudio Coello, 95.
Vivre le quartier de Salamanca au rythme de ses rues
Ce qui rend le quartier si singulier, ce n’est pas seulement la qualité de chacune de ses adresses, mais aussi la diversité que l’on retrouve sur quelques rues à peine. Au fil d’une même promenade, on peut savourer un petit-déjeuner tranquille dans un café historique, découvrir les nouvelles boutiques de la rue Ortega y Gasset, prendre un vermouth au comptoir d’une taverne madrilène traditionnelle, puis dîner autour de produits d’exception dans un restaurant gastronomique de chef. Le tout à quelques minutes à pied de chez soi.
Cette diversité se reflète également sur le marché immobilier. Le fait que des groupes bien établis comme les frères Aparicio, Pescaderías Coruñesas ou Grupo Costeño, ainsi que des maisons telles que Van Cleef & Arpels et Richard Mille, choisissent le quartier pour leurs nouveaux projets confirme son attractivité auprès d’une clientèle exigeante, qu’elle y réside ou qu’elle soit de passage. L’animation des rues, les commerces et l’offre gastronomique, associés à la qualité architecturale du quartier, figurent parmi les facteurs qui soutiennent la demande immobilière dans ce secteur et que privilégient les personnes à la recherche de leur prochain logement à Salamanca.